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Accompagnement Social Global Adapté ? Osez la simplicité !

Accompagnement Social Global Adapté ? Osez la simplicité !

Interview, par Colis Futé, d’Agathe Le Blanc, fondatrice de « Thagae ».

Le monde du « Social » n’a pas forcément une bonne réputation en France car compliqué à comprendre et peut-être très/trop administratif. Nous recherchons souvent un accompagnement social global adapté. En vain ?

Thagae propose de rendre efficace l’accompagnement social et rester concentrer sur le lien entre les individus. Nous rencontrons, aujourd’hui, Agathe Le Blanc, fondatrice de Thagae. Agathe est conseillère sociale indépendante avec une formation d’éducatrice spécialisée complétée d’un D.U de droit humanitaire puis d’un D.U d’entrepreneuriat à l’IAE de Paris. Vous trouverez aussi 2 articles à la fin de l’interview sur le social et le digital. Bonne lecture !

COLIS FUTÉ : « Comment est née ton entreprise ? »

ALB : « Thagae vient directement de mes expériences personnelles et professionnelles. Je suis éducatrice depuis 6 ans et j’ai navigué dans beaucoup de domaines différents. J’ai commencé ma carrière au sein de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse, dépendant du ministère de la justice) auprès des mineurs délinquants dans le Loiret. Dans ce cadre j’ai fait plusieurs missions : accompagnement des détentions, placements d’enfants délinquants (entre 10 et 18 ans). J’ai pu voir la diversité des mesures qui existait. Dans la foulée, je suis partie plusieurs mois au Canada pour voir ce que les Canadiens proposaient en matière d’accompagnement social. Je suis devenue ensuite éducatrice de rue à Paris (prévention spécialisée, mandatée par la mairie). Je faisais essentiellement de l’accès au droit, de l’orientation et du soutien à la parentalité. J’ai vécu une 3ème expérience près des adultes ayant des maladies et handicaps lourds.

De plus, ayant un frère atteint de surdité, je connais bien les problématiques liées au handicap. Je suis, enfin, retournée vers les enfants par l’associatif puis de nouveau vers les adultes et les familles (migrants…) à la croix rouge. A travers toutes ces expériences, à la fois tournées vers les jeunes comme les adultes et aussi bien dans le monde judiciaire qu’administratif, j’ai bien compris que l’offre Française était très fragmentée sans coordination globale. Les programmes sont longs, contrairement à ce que proposent les Canadiens, et sont, du coup, peu adaptables. Nous avons tendance à partir du général pour aller vers quelque chose de spécialisé alors que les Canadiens sont plus pragmatiques et proposent des « stages » sur mesure dès le début du parcours du bénéficiaire. Forte de tous ces constats, et étant réellement passionnée par le lien social, je propose aujourd’hui Thagae qui permet, depuis 2016, un accompagnement global et adapté à chaque situation. Et comme vous l’avez tous remarqué, Thagae et l’anagramme de mon prénom (rires). »

Thagae, accompagnement social global adapté

COLIS FUTÉ : « Comme tes champs d’intervention sont très larges, exerces-tu aujourd’hui dans deux ou trois domaines clés ? »

ALB : « Oui. Le premier domaine est autour du logement. Je travaille avec « Emmaüs Habitat » (bailleur privé), et avec des personnes et des familles qui sont en processus d’expulsion. C’est une vraie satisfaction car j’arrive dans de très nombreux cas à éviter l’expulsion de ces familles. Le deuxième domaine est plus dans le judiciaire avec le tribunal de Créteil, institution publique, et le juge aux affaires familiales. La plus grosse partie est autour de la médiation familiale et les problématiques de garde d’enfants. Le 3ème domaine concerne les particuliers. Dans ce cas, les demandes et besoins sont plus ponctuels mais très différents. Les gens viennent me voir par le bouche à oreille, qui fonctionne bien, car ils savent qu’ils auront un accompagnement complet et de qualité. J’accompagne, au sens physique, les bénéficiaires. Je fais les démarches avec eux, je me déplace avec eux. »

COLIS FUTÉ : « Peux-tu nous expliquer ton Business Model ? »

ALB : « Il est très simple. Je suis directement rémunéré par mes bénéficiaires (Emmaüs Habitat, TGI de Créteil ou particuliers), en fonction des missions effectuées et du temps que je passe. Concernant les particuliers, je pense qu’il y a une vertu à ce que les personnes payent directement, plutôt qu’utiliser des services publics « gratuits », car cela les rend moteurs. C’est très important car ils sortent de l’assistanat et sont véritablement acteurs pendant l’accompagnement. »

COLIS FUTÉ : « Quels sont tes partenaires clés aujourd’hui ? »

ALB : « Essentiellement le secteur associatif autour d’Emmaüs et Emmaüs Habitat ainsi que le TGI de Créteil et la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). J’aimerais creuser des liens privilégier avec les médecins généralistes car ce sont souvent les premiers à constater le handicap. »

COLIS FUTÉ : « Quelle est la taille de Thagae ? »

ALB : « Je suis seule pour le moment avec une stagiaire dans quelques semaines. »

COLIS FUTÉ : « Quels sont tes idées de développement aujourd’hui ? »

ALB : « Il y a beaucoup d’idées sur la table. Une des ambitions est, un peu comme tout entrepreneur, de « scaller » le modèle en proposant à terme des cabinet sociaux dans toutes les villes. Il y a plusieurs options mais la franchise paraît être intéressante. Ce service pourrait également être proposé par l’État. Le développement passera d’abord par trouver de nouveaux partenariats et le développement des bénéficiaires puis créer le premier cabinet type avec un ou deux autres collègues ou associés. On peut rêver un jour d’un Label Thagae ! »

COLIS FUTÉ : « Si je comprends bien, tu es à la recherche de ces personnes. Quel est, selon toi, le parcours type pour que l’on puisse te rejoindre ? »

ALB : « Cela peut être un éducateur spécialisé qui souhaite être indépendant, ou par exemple quelqu’un issu du conseil ou de la gestion dans ces domaines. Mais cela peut aussi être une personne qui vient d’un des métiers des domaines du sanitaire, social ou juridique. L’important est de vouloir accompagner les personnes dans tous les champs de leur vie. »

COLIS FUTÉ : « Quelles sont tes problématiques aujourd’hui ? »

ALB : « Au quotidien, c’est de gagner la confiance des bénéficiaires. Pour le développement de mon entreprise, c’est principalement faire connaître ce que je fais en discutant et communiquant pour trouver des partenaires BtoB. »

COLIS FUTÉ : « Quels conseils donnerais-tu à un entrepreneur qui souhaite démarrer aujourd’hui ? »

ALB : « Avant tout, se faire confiance. Croire en soi ! Oser ! et adapter son idée ! Il faut également bien s’entourer, ne pas hésiter à parler de son idée. »

Croire en soi ! Oser ! et adapter son idée !

COLIS FUTÉ : « As-tu une anecdote à partager ? »

ALB : « Je viens d’intervenir pour un enfant qui a des difficultés scolaires et qui est dans une classe SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté). Après en avoir discuté avec le directeur, nous envisageons un partenariat plus large avec l’école et l’éducation nationale. Cela pourrait être un futur 4eme pilier de mon développement. C’est intéressant de voir encore un besoin qui vient des particuliers et peut se transformer de manière plus large. »

Un grand merci à Agathe Le Blanc pour cette interview. Si vous cherchez un accompagnement social global adapté, n’hésitez pas à vous rendre sur son site et/ou l’appeler !